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Jacques Benveniste

 

Jacques Benveniste (12 mars 1935 - 3 octobre 2004), médecin et immunologiste français, connu du grand public pour avoir publié en 1988 des travaux de recherche sur la mémoire de l'eau donnant naissance à une controverse qui a mené à son éviction de l'INSERM en 1995.

Avec sa théorie de la mémoire de l’eau, il est devenu un pestiféré. Privé de crédits, dans un laboratoire de fortune, il a pourtant réaliser une série d’expériences qui intriguent fortement certains scientifiques américains.

Il fut un temps où Jacques Benveniste était considéré par ses pairs comme un brillant allergologue, le découvreur mondialement connu du PAF - acether, facteur cellulaire de l’inflammation, et même un des rares biologistes français "nobélisables". Et puis voici qu’en juin 1988, il devient un pestiféré.

En publiant dans Nature l’hypothèse de la "mémoire de l’eau", il subit l’équivalent moderne et scientifique de l’excommunication. On ne le brûle pas en place publique, mais c’est tout juste. Il essuie les critiques violentes, son unité de recherche est supprimée en 1992, ses articles sont refusés par les revues qui comptent, des rumeurs tenaces courent sur son honnêteté ou sa santé mentale.

Rappelons les circonstances du scandale. Benveniste a mis au point un test d’allergie extrêmement sensible, applicable sur des échantillons de sang dans lesquels des cellules, les basophiles, vont se colorer en bleu en présence d’une substance allergisante. "Je me suis demandé si, en réalisant une très haute dilution de cette substance, à la manière des dilutions homéopathiques où ne subsiste plus aucune molécule du produit originel, on détecterait encore un effet sur le sang."

L’ironie de l’histoire, c’est que Benveniste, souvent présenté comme un zélateur de l’homéopathie, est plutôt sceptique face à cette pratique médicale. "Je pensais que ça ne donnerait rien, mais je voulais en avoir cœur net, vu l’interminable controverse entourant le sujet. Et contre toute attente, l’effet des très hautes dilutions s’est manifesté sur nos échantillons."

Pour expliquer cet effet sans molécule, Benveniste suggère que l’eau garderait une sorte d’empreinte de la substance avec laquelle elle était en contact - la fameuse mémoire de l’eau. Une mémoire fragile, au demeurant : elle ne se manifeste que dans des conditions de laboratoire très précises et s’efface aisément, notamment en présence d’un champ magnétique. Elle serait donc de nature électromagnétique.

Où est le scandale ? Pour la majorité des scientifiques, la capacité de l’eau à emmagasiner un signal stable sur une longue période paraît invraisemblable. Quant aux ondes électromagnétiques émises par les molécules, elles sont avérées par la physique quantique, mais semblent bien trop faibles pour exercer une action biologique.

Pour beaucoup, l’affaire est enterrée. Mais Benveniste s’accroche. A partir de 1992, il cesse de travailler sur les dilutions et utilise directement un capteur-amplificateur électronique qui recueille les ondes émises par la substance active, dans une gamme située entre 20 et 20.000 hertz, et les transfère sur l’eau. Pour mettre en évidence l’effet de cette eau "irradiée", cinq nouveaux tests vont se succéder.

Le dernier en date porte sur la coagulation du plasma sanguin. C’est à cette "manip" que nous allons assister au Laboratoire de biologie numérique, à Clamart (Hauts-de-Seine). Il s’agit d’un petit bâtiment en préfabriqué, prêté par l’Inserm, en face de l’immeuble du grand institut. Les locaux ressemblent à n’importe quel laboratoire de biologie, à un détail près : tout a été "compressé". Les bureaux sont minuscules, les paillasses et les appareils s’encastrent dans les moindres recoins.

Intrigués, les chercheurs américains ont décidé de poursuivre la collaboration. Mais on touche là le problème majeur des travaux de Jacques Benveniste :

"Nous assistons à la naissance d’une nouvelle biologie. Les cellules et les molécules communiquent entre elles au moyen d’ondes hertziennes. Et cela explique bien des énigmes que la biochimie n’a jamais élucidé. Par exemple, comment font deux molécules pour se rejoindre à l’intérieur d’une cellule, sachant qu‘en termes de taille, elles sont comme des radeaux au milieu d’un océan ? Tout s’éclaire si l’une émet un signal capté par la molécule cible, exactement comme un poste de radio capte la fréquence d’une station de radio."